Madlib - Présentation 2

vendredi 20 mars 2009

The Beat Konducta / Vol. 1-2 : Movie scenes (Stones Throw, 2006)


En seconde présentation d'AuRelais je vous propose de faire un tour du côté d'un genre musical que l'on disait mort né dans les années 80 et qui perdure encore de nos jours pour le meilleurs comme le pire, le hip hop. J'ai choisi cette semaine un disque instrumental produit par un artiste ultra prolifique sur le label californien Stones Throw.


L'artiste :


Musicien aux alias innombrables, on l'appellera ici Otis Jackson Jr pour utiliser son patronyme civil, il a poussé l'exercice de la multiplicité identitaire très loin en créant, entre autres, un groupe à lui seul appelé le Yesterday New Quintet dans lequel il est en réalité le seul musicien sous différentes pseudonymes : Ahmad Miller (vibraphone), Joe McDuphrey (claviers), Malik Flavors (percussions), Monk Hughes (basse) et Otis Jackson Jr (batterie). Mais au delà du délire schizophrénique du personnage, cet artiste multi-instrumentiste à la production pléthorique, n'en reste pas moins un incontournable du genre loin des clichés gangstas. On pourrait le qualifier de "hardest working man in show business" dans le milieu du hip hop, phrase que l'on utilisait au sujet de James Brown durant les années 70. Impliqué dans ce courant musical depuis les années 90 alors qu'il officie dans la collectif Lootpack en tant que producteur et rappeur, il entame son premier dédoublement patronymique sur l'album Sound pieces : da antidote (Stones Throw, 1999) en y introduisant le personnage Quasimoto The Unseen aka Lord Quas (Quasimoto l'invisible, celui qu'on ne peut voir car fictif), rappeur à la voix nasillarde et filtrée donnant l'impression d'un gamin chantant après avoir inspiré un ballon gonflé à l'hélium. Pour vous donner un aperçu du résultat visionnez le clip vidéo suivant intitulé Come on feet :



Je peux encore palabrer longtemps sur cet artiste hors normes, mais je m'écarte du sujet qui nous intéresse maintenant le premier de ses albums sous le nom de Beat Konducta.


Le disque :


Conçu comme la bande originale d'un film que seul l'auteur connaît, cet album est composé en deux parties. Le volume 1 movie scenes et le volume 2 movie scenes the sequel comprenant un total de 35 plages instrumentales fabriquées à partir de samples d'œuvres musicales commercialisées, d'extraits d'allocutions, de boîte à rythme, de synthétiseurs et de bruits en tous genres. Aux antipodes d'un hip hop largement médiatisé, le Beat Konducta nous emmène dans un univers sonore hautement cinématique aux influences indéniablement black : jazz, soul, funk, électro et rock constitue la hotte de cet "afro père noël". Il distribue généreusement et savamment ses cadeaux acoustiques aux enfants avides d'expériences musicales que nous sommes. En "crate digga" invétéré, littéralement excavateur de caisse (à disques), il nourrit ses compositions de nombreuses références discographiques dont une liste non exhaustive peut-être consulter ici. Ce premier opus d'une série, qui pour le moment compte trois volets (vol. 3-4 : India et vol. 5-6 : a tribute to Dil Cosby suite), atteint son but en nous faisant imaginer un accompagnement visuel et personnel à l'écoute de ce collage sonore complexe et orchestré de main de maître. Oui, vous l'aurez remarqué, je suis fan absolu de ce musicien et sans doute pas très objectif du coup. Le mieux que vous ayez à faire est donc de vous forger votre propre opinion en écoutant ce disque qui pour moi figure dans les perles d'un hip hop contemporain et novateur quittant ses habits stéréotypiques que sont les pétasses, les dents en roro et les grosses caisses...


Drik-C.


Liens :


Un article rédigé en anglais Valeria Velasquez pour Hip hop elements, .

La discographie impressionnante d'Otis Jackson Jr sous le pseudo Madlib sur Discogs, ici.

Piqûre de rappel pour les moussaillons sabordeurs de vaisseaux numériques à la recherche de trésors binaires !

mardi 17 mars 2009


Le projet de loi qui fait tant de bruit sur la toile en ce moment découle de la directive européenne EUCD transposée dans le droit français sous le doux nom de DADVSI (Droits d'Auteurs et Droits Voisins dans la Société de l'Information) et promulguée en urgence le 1er août 2006. Le projet, actuellement critiqué, concerne plus particulièrement les sanctions à l'encontre des affreux pirates qui louvoieraient dans les conduits du web afin d'assouvir leur soif de butin au nez et à la barbe des gentils créateurs déjà prisonniers, en fond de cale, des navires détenus par les majors.


Qu’est-ce qui dit Zozo ?


Le nom complet du projet de loi est : Projet de loi favorisant la diffusion et la protection de la Création sur Internet. Il a été accepté par le Sénat et doit être désormais examiné par l'Assemblée avant de pouvoir être applicable dans la vie vraie ou vraie vie c'est vous qui choisissez.


Discuté à l'assemblée nationale le 12 mars dernier, vous pouvez visionner le débat ici, l'examen du projet de loi est finalement reporté à la fin du mois de mars pour faute de... euh!!??... persuasion entre les parties…


Mais alors c’est quoi la Dopi ?


HADOPI : Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des Droits sur Internet. Cette autorité administrative indépendante est chargée de surveiller le réseau pour trouver les pirates qui téléchargent toutes voiles dehors ainsi qu'encourager (sic !) le développement de l'offre légale c’est-à-dire payante. D'ailleurs, concernant cette dernière partie l'Hadopi a le devoir d'encourager, mais légalement parlant l’encouragement se définit comment ? Allez ourahhhh !!!


CPD : Commission de Protection des Droits, c'est cette autre commission qui aura la charge de s'occuper de votre droit à la connexion internet ou non, en fonction de la visibilité de votre jambe de bois, barbe rousse ou encore de votre cache oeil lors de vos périples sur la toile. Plus clairement, c'est elle qui vous coupera la ligne si vous n'obtemperez pas aux injonctions préalables qui devraient être, dans un premier temps, un mail, puis un recommandé avec accusé de réception, puis couic...


Comment les keufs y nous serrent ?


C’est là que l’usine à gaz perd de sa crédibilité, car le repérage des délinquants du RJ45 se fera par l’IP de l’ordinateur sur lequel le téléchargement délictueux s’est opéré. Mais, me direz-vous, n’y a-t-il pas moyen de cacher son IP ? Si, et en plus comment feront-ils lorsqu’ils s’adresseront à un lieu public, un web café, un hotel disposant du wifi, ou, encore, un wifi de voisin piraté ? Bah moi yana pas savoir !!! De plus la détection des contrefaçons risque de s’effectuer sur les réseaux dits de pair à pair (P2P), qu’en est-il des réseaux privés cryptés, comme nous le fait remarquer Bobert le Magnifique, et du DDL (Direct Download) ? Ce sont déjà des moyens de contourner les sentinelles du net alors que la loi n’est pas encore en vigueur...


Pensez-vous que dès que les premiers abonnés seront inculpés et privés de connexion un informaticien boutonneux et vicieux (ils le sont toujours !!) ne va pas trouver une parade à cette mascarade ? Mais vouiiii ! Bon ben on verra bien, d’t’façon l’est pô passée encore la loi, hein !!!?


Si vous souhaitez approfondir la question AuRelais vous conseille la lecture du dossier consacré à ce sujet sur le portail des copains dispo ici.


A ploush, Drik-C.

La loi "HADOPI" est en route

mercredi 11 mars 2009
Après la LCEN (loi sur la confiance dans l'économie numérique) et DADVSI (Droit d’Auteur et Droits Voisins dans la Société de l’Information) ça légifère de nouveau autour d'internet... et cette fois ci c'est du lourd. Réponse graduée et surveillance généralisée.

Quelques explications avant le film (ci-dessous).

D'un premier abord on pourrait se dire, réprimer les téléchargements illégaux, quoi de plus normal. Mais il faut prendre en considération plusieurs facteurs qui rendent complètement idiot la posture gouvernementale (et probablement parlementaire) car pour arriver à leurs fins, nos dirigeants n'ont rien trouvé de mieux que :

- la mise en place de la surveillance généralisée (voir du piratage légal de nos ordinateurs) au travers d'un organisme extra-judiciaire, l'Hadopi, instance administrative charge de l'application de la loi
- la mise à l'écart des citoyens et leurs foyers des moyens de communications modernes

Pour arriver à quoi ?
- Tenter de redresser les marges des gros diffuseurs de contenus que sont devenus nos disquaires (et je prédis déjà le ratage complet de cet objectif)
Sans bien sûr arrêter le piratage, on se souvient bien de nos vieilles K7 et on est prêt à revenir s'il le faut. Plus sérieusement, que vont faire nos politiques pour nous empêcher de s'échanger nos mp3 d'une clé usb à un disque externe, d'un téléphone bluetooth à un baladeur mp3 ? Et que vont-ils faire des inévitables réseaux privés, cryptés et sécurisés qui ne manqueront pas de se créer ?

Mais qui s'étonnera encore d'une nouvelle loi inepte et inapplicable ... voir ci-dessous la proposition de sabordage : quelques millions de personnes qui se mettent à télécharger encore plus qu'avant, des millions de connexions fermés, des pertes considérables pour les fournisseurs d'accès ??? Voir une révolte des "déconnectés" ?


Et pour plus d'explications sur les dangers d'Hadopi :

Beat Konducta India Vol. 3 & 4

samedi 7 mars 2009
Salut les amiches,

j'ai trouvé cette excellente vidéo sur le site "tafacedansletube", que je vous mets ici pour découvrir la série des Beat Konducta, de Madlib, dont ce volume s'inspire de l'Inde et de son industrie cinématographique. Une édition Stones Throw, Yo !

Thievery Corporation - Présentation #1

jeudi 5 mars 2009

Thievery Corporation / Sounds from the Thievery hi-fi (ESL Music, P 1996).



On se lance pour un retour de quelques années dans le passé, treize ans déjà que le duo Thievery Corporation est musicalement actif et dont l'œuvre a marqué les oreilles de bons nombres d'aficionados de musiques électroniques, notamment dans le domaine du planant.


Les artistes :


Composé par Rob Garcia et Eric Hilton ce duo de DJs et producteurs originaires de Washington DC est mondialement connu et respecté aussi bien pour sa musique que pour son engagement politique comme le prouve leur partenariat avec le "UN world food programme". Leur aventure débute en 1996 lorsque les deux artistes, fans absolus d'Antonio Carlos Jobim et de Bossa brésilienne des années 60, se rencontrent au Eighteenth Street Lounge, bar huppé de Washington, dont Eric Hilton est copropriétaire. Il leur suffit de quelques semaines pour enregistrer leurs premiers singles the foundation, shaolin satellite et 2001 : a spliff odyssey et connaissent un succès immédiat. Le premier album paraît l'année suivante sur leur propre label Eighteenth Street Lounge Music, label indépendant siouplaît...


Le disque :


Cette galette, malgré son âge, reste encore une référence du genre et n'a pas pris une ride ! elle définit clairement leur son, qui pourrait être assimilé à un parcours transversal au sein de l'arbre généalogique musical des 50 dernières années. A la croisée du dub, du downtempo, du jazz, du trip hop et des musiques du monde. Leur signature musicale est indélébile et a fait leur succès tout au long de leur carrière qui perdure de nos jours, leur sixième album étant paru l'année dernière sous le nom de Radio retaliation. On se laisse aisément porter par les atmosphères distillées par ces deux américains qui n'hésitent pas à superposer des couches sonores issus d'origines diverses. Comme, par exemple, sur le titre Interlude et ses lyrics jamaïquains mêlés à des breaks de batterie jazzy agrémentés de bruit de sonar et ses deux notes de piano qui tournent inlassablement en fond de cale. Stratosphérique ou en immersion profonde la musique de Thievery Corporation ne manque pas de finesse et de musicalité malgré un nom peu conventionnel, pouvant être traduit par Société du Vol, et d'actualité en rapport avec le phénomène de sampling dans le milieu de la création musicale. Pour exprimer leur attachement à la culture brésilienne il n'hésite pas à dédier cet album à Antonio Carlos Jobim ainsi qu'à créditer Bebel Gilberto sur le titre Scene at the open air market.



Si vous aimez les ambiances cosy, comme sur la photo du 18th Street Lounge, et l'easy listening ce disque devrait vous plaire et constituer un incontournable de votre discothèque personnelle...


Drik-C


Leur site : http://www.thieverycorporation.com/

La crise

dimanche 1 mars 2009
Quand un journal des plus sérieux imagine le pire ...

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/02/26/apres-la-crise-financiere-la-guerre-civile-preparez-vous-a-quitter-votre-region_1160698_1101386.html#xtor=AL-32280184